mardi, 26 septembre 2006
LA MAISON
Au jeu du "qui reste à la maison" je suis la gagnante. Et la plus chanceuse.
77-55 = 22
En 22 ans, je me suis éloignée de la maison seulement 10 jours pour le stage BAFA à Forcalquier, et quelques vacances en Espagne. Pas de colonie, pas de maison de repos , pas de déportation , pas d'adoption provisoire, pas de vache maigre à aller traire ......toujours à la maison .
C'est vrai, il est difficile de comptabiliser les périodes où nous étions au complet. Mais la maison s'organisait pour héberger 7 personnes . Cuisine-salle à manger , quatre chambre.
La distribution était variable selon l'age des participants , l'humeur des présents , et Simonne qui aimait "déménager" les meubles.
Je crois me souvenir de mon petit lit dans la chambre des parents ,(maintenant la salle à manger-musée) .Il y avait encore un placard avec des portes coulissantes trés bruyantes . J'avais avalé le boulon d'un petit éléphant articulé en plastique rose.
En hiver j'avais froid.(séquence Cosette!). Poêles à charbon , à mazout dans la cuisine et au fond du couloir . L'expression souvent entendue " si tu es enervé , va donc pisser au charbon " pouvait se réaliser, les stocks étaient derrière la maison. . Des flambées d'alcool à bruler dans une boite de conserve, tempéraient la salle de bain .
Comme tous les enfants , je n'aimais pas le moment du "allez, c'est l'heure d'aller au lit" . La chambre était au bout d'un couloir i n t e r m i n a b l e. J'avais froid . J'avais peur .
Mon royaume était à l'extérieur.
Le jardin était riche en légumes et fruitiers , habité par des bestioles fantastiques .Orvets mystérieux, fourmis variés , hannetons dodus , jardiniéres brillantes , cloportes , mantes impitoyables , courtilières.( mes préférées)
Les environs n'étaient que champs cultivés , prés à moutons , petits coins de nature "sauvage". Le chemin du Camp Rambaud était à lui seul un territoire d'aventures ,"la Source" derriére le chateau de la contesse une destination mystique.
Le Grand Chêne , le murier, la source, mes coins à violettes ou à narcisses, les haies d'aubépines et celles de cyprés géants , MA fourmilière à l'Oustalet...... les pêchers, la cloture de pruniers , les poiriers et pommiers de l'allée, le potager.......ont désertés les lieux bien avant moi!
La maison et ses environs avaient déjà perdu leurs charmes quand j'ai quitté "la-maison-de-mon-enfance", trés heureuse de devenir autonome .
00:00 Publié dans N° 5 (7) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
douce enfance, enfin une
Ecrit par : rémy | mardi, 26 septembre 2006
Belle histoire, chanceuse que tu es.
22 ans sans quitter Papa et Maman, ne pas avoir goûter aux colonies de vacances du curé Gontar ou toutes autres déportations.
Ecrit par : Jack | mardi, 26 septembre 2006
Avec le temps... Les us et coutumes changent!! Ou alors c'est peut-être parce que toi tu étais sage que tes parents t'ont gardé auprès d'eux!!
Ecrit par : Nénette | jeudi, 28 septembre 2006
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